AuCOFFRE : notre avis, dix ans après notre premier test

Première publication: 23 Janvier 2016
Dernière réévaluation: 30/08/2026
Investir dans l’or physique ne consiste pas seulement à choisir une pièce ou un lingot au bon prix. Il faut ensuite décider où le conserver, comment vérifier qu’il nous appartient réellement et, le jour venu, dans quelles conditions il pourra être revendu.
C’est précisément sur cette problématique qu’AuCOFFRE a construit son modèle. Lorsque nous avions testé le courtier pour la première fois, le 23 janvier 2016, son concept était déjà assez original : acheter des métaux précieux sur Internet, en devenir propriétaire, mais laisser pièces et lingots dans des coffres sécurisés plutôt que de les recevoir systématiquement à domicile.
Dix ans plus tard, il nous a semblé plus intéressant de réévaluer notre avis de 2016 que de repartir d’une feuille blanche.
Car AuCOFFRE a changé. Mais peut-être pas de la façon que l’on pourrait imaginer.
Le groupe affiche désormais plus de 50 000 utilisateurs et 1 milliard d’euros d’actifs sous gestion, contre un peu plus de 20 000 membres mentionnés lors de notre premier test. Il affiche également aujourd’hui les certifications ISO 9001 et ISO/IEC 27001.
Pour autant, le principe de départ demeure très reconnaissable : acheter de l’or physique, le conserver dans une infrastructure sécurisée et pouvoir le remettre en vente directement depuis son compte.
Notre premier constat après dix ans est donc assez simple : AuCOFFRE n’a pas véritablement changé de modèle. Il l’a développé, élargi et professionnalisé.

AuCOFFRE, dix ans après notre premier test

AuCOFFRE a été créé en 2009 par Jean-François Faure avec l’idée de proposer une alternative aux circuits traditionnels de l’achat et de la vente d’or.
Lorsque nous examinions la société en 2016, elle était encore un acteur relativement jeune du marché. Elle revendiquait alors plus de 20 000 membres et son offre reposait déjà sur trois éléments qui restent aujourd’hui au cœur du concept :

  • acheter des pièces ou lingots en ligne ;
  • conserver les métaux dans des coffres ;
  • pouvoir les remettre ensuite en vente sur la plateforme.

Le changement d’échelle est néanmoins réel. AuCOFFRE affiche désormais plus de 50 000 utilisateurs et 1 milliard d’euros d’actifs sous gestion.
Cette ancienneté est à prendre en considération lorsqu’on évalue la fiabilité d’un courtier. Une plateforme qui a traversé les fortes variations du cours de l’or, la crise sanitaire de 2020 et plusieurs périodes de tensions financières dispose aujourd’hui d’un historique autrement plus significatif qu’en 2016.
AuCOFFRE représente néanmoins une approche particulière du marché. Si vous souhaitez d’abord situer ce modèle parmi les différentes façons d’acheter de l’or sur Internet, notre comparatif des vendeurs d’or permet de confronter 18 courtiers et plateformes accessibles aux investisseurs français.

AuCOFFRE en 2016 et aujourd’hui : ce qui a vraiment changé

Point examiné En 2016 Aujourd’hui
Utilisateurs Plus de 20 000 membres Plus de 50 000 utilisateurs annoncés
Commission Environ 1 % relevé lors de notre test 0,5 % à l’achat / 3 % à la vente
Stockage France, Belgique, Suisse Principalement France et Suisse
Revente Déjà possible entre utilisateurs Marché secondaire toujours au cœur du modèle
Contrôle des stocks Contrôles déjà présents Audit indépendant annuel notamment
Structure Courtier spécialisé Écosystème plus large autour des métaux précieux

Ce tableau résume assez bien la décennie : beaucoup d’évolutions autour du modèle, mais peu de remise en cause de son principe initial.

Le modèle AuCOFFRE a-t-il vraiment changé depuis 2016 ?

La réponse est plutôt non.
AuCOFFRE reste avant tout une plateforme destinée à celui qui souhaite posséder de l’or physique sans nécessairement conserver les produits chez lui.
C’est une distinction importante.
Lors de l’achat, le client acquiert des métaux précieux physiques et dispose d’un titre de propriété. AuCOFFRE indique que les produits restent la propriété des membres et ne font pas partie des actifs de la société.
Ce fonctionnement était déjà l’un des intérêts que nous avions relevés lors de notre premier test.
La différence avec une simple exposition financière au cours de l’or est donc fondamentale : l’investisseur ne détient pas une action de société minière ou un produit financier répliquant le cours du métal. Il achète des métaux physiques.
Le concept a toutefois gagné en souplesse. La plateforme propose aujourd’hui des pièces, des lingots mais également des fractions, permettant d’investir des montants relativement faibles sans nécessairement acquérir une pièce entière.
Cette possibilité convient bien à ceux qui souhaitent constituer leur stock progressivement. Pour comprendre plus largement les avantages respectifs des différents formats, notre dossier pièces ou lingots d’or : que choisir ? revient sur la liquidité, les primes et les coûts de stockage de ces deux formes d’investissement.
AuCOFFRE conserve ainsi l’une des caractéristiques qui nous avait déjà intéressés en 2016 : l’accessibilité de l’or physique aux petits investisseurs.

Acheter de l’or chez AuCOFFRE : comment fonctionne la plateforme aujourd’hui ?

Le fonctionnement demeure assez différent de celui d’une boutique classique.
Après création et validation d’un compte, l’utilisateur peut acheter des produits proposés sur la plateforme mais également acquérir certaines pièces mises en vente par d’autres membres.
C’est précisément cette dimension de place de marché qui distingue historiquement AuCOFFRE.
Une fois le produit acheté, il peut rester stocké dans les coffres associés au service. Le propriétaire dispose alors de son titre de propriété et retrouve son portefeuille dans son espace personnel.
Il peut ensuite conserver ses métaux, en acheter d’autres, remettre certains produits en vente ou, lorsque les conditions le permettent, en demander la livraison.
La livraison reste en effet dépendante du lieu de conservation. Les pièces conservées en France peuvent notamment être expédiées au propriétaire, alors que les produits détenus en Suisse répondent à d’autres modalités.
Autrement dit, acheter de l’or chez AuCOFFRE pour le conserver en coffre et acheter avec l’intention de se le faire livrer ne sont pas exactement deux usages interchangeables.
Pour ceux qui privilégient la détention à domicile, nous avons détaillé séparément les contraintes, les frais et les différents modes de livraison d’or à domicile proposés par les courtiers.

Frais AuCOFFRE : ce qui a changé en dix ans

C’est probablement sur les tarifs que la différence entre notre test de 2016 et la situation actuelle est la plus visible.
Notre ancien article mentionnait des frais de gestion de l’ordre de 1 %.
La grille tarifaire actuelle repose sur une structure différente : 0,5 % de frais de gestion à l’achat et 3 % lors de la vente. Ces chiffres sont également ceux que nous avons retrouvés lors de notre comparaison récente des principales offres du marché.
Cette évolution mérite d’être regardée dans son ensemble.
Le coût d’entrée est faible : une commission de 0,5 % reste modérée pour un service permettant d’acheter de l’or physique et de l’intégrer directement à une infrastructure de conservation.
En revanche, la commission de 3 % à la revente est beaucoup plus significative.
Pour un investisseur qui achète pour conserver pendant de nombreuses années, ce coût de sortie peut rester secondaire par rapport à l’évolution du cours de l’or. Pour quelqu’un qui envisage des achats et reventes fréquents, il devient en revanche un paramètre important.
Il faut donc éviter de juger le courtier à partir du seul chiffre de 0,5 % affiché à l’achat.

Frais AuCOFFRE : 0,5 % à l’achat et 3 % à la revente de l’or

Extrait de la FAQ AuCOFFRE : 0,5 % de commission à l’achat et 3 % à la revente, un écart important à intégrer dans le coût total d’un investissement en or.

Des frais de stockage calculés sur le poids

AuCOFFRE utilise par ailleurs un mode de tarification assez particulier pour la garde.
Pour l’or, la grille actuelle indique 5 € TTC par mois et par tranche de 100 grammes d’or pur.
Cela représente 60 € par an par tranche de 100 g.
L’intérêt de ce système est sa prévisibilité : contrairement à une tarification calculée en pourcentage de la valeur du portefeuille, une hausse du cours de l’or n’entraîne pas mécaniquement une hausse de la facture de garde.
Mais l’inverse est également vrai : le coût dépend davantage de la quantité de métal que de sa valeur.
Le tarif doit donc être calculé en fonction du portefeuille réellement envisagé plutôt qu’apprécié isolément.
AuCOFFRE propose également son programme LSP destiné aux achats réguliers. Si cette approche vous intéresse, nous avons comparé ce dispositif aux autres méthodes de DCA appliquées à l’or physique.
C’est une évolution cohérente avec le positionnement actuel du courtier sur l’épargne progressive.

Stockage de l’or : l’un des piliers historiques d’AuCOFFRE

Le stockage était déjà en 2016 l’un des principaux arguments d’AuCOFFRE. Il le reste dix ans plus tard.
Un point mérite cependant d’être précisé.
Toutes les solutions de conservation ne reposent pas exactement sur la même architecture. Le stockage français et le stockage suisse doivent donc être examinés séparément, notamment en fonction de l’objectif patrimonial recherché.
Si cette question est prioritaire pour vous, notre guide consacré aux différentes solutions pour stocker son or physique compare notamment domicile, coffre bancaire et sociétés spécialisées.
La Suisse occupe historiquement une place importante dans l’offre AuCOFFRE. Les métaux concernés peuvent être conservés aux Ports Francs et Entrepôts de Genève, société spécialisée depuis plus d’un siècle dans l’entreposage et la logistique de biens de valeur. Elle exploite notamment à La Praille des chambres fortes hautement sécurisées et des zones de stockage sous douane ou en régime suisse.
Pour ceux qui souhaitent comprendre les particularités de cette juridiction, nous avons également consacré un dossier spécifique au stockage de l’or en Suisse.
Cette localisation mérite donc davantage d’attention qu’une simple ligne « coffre suisse » dans un catalogue.

Comment vérifier que l’or existe ?

C’est évidemment la question centrale dès lors que les métaux ne sont pas conservés chez l’investisseur.
AuCOFFRE indique que ses stocks font l’objet de plusieurs niveaux de contrôle, dont des audits indépendants.
L’un des organismes intervenant dans ce processus est ALS Inspection, groupe spécialisé dans l’inspection et l’analyse indépendante des matières premières et métaux précieux. ALS intervient notamment dans des opérations de contrôle, pesée, échantillonnage et analyse de métaux précieux.
C’est probablement l’un des domaines où le courtier s’est le plus professionnalisé depuis notre premier test.
Dix ans auparavant, notre article accordait davantage de place à la réputation Internet et aux partenaires mis en avant par l’entreprise. Aujourd’hui, nous considérons qu’un audit physique indépendant des stocks apporte une information beaucoup plus intéressante pour l’investisseur.

Revendre son or : l’un des vrais points forts du modèle AuCOFFRE

La possibilité de revendre facilement ses métaux n’est pas nouvelle.
Elle existait déjà lorsque nous avions testé AuCOFFRE en 2016 et fait partie de l’ADN de la plateforme. Notre article de l’époque indiquait déjà que le propriétaire pouvait remettre en vente tout ou partie de ses pièces et lingots directement depuis son espace personnel.
C’est un point important car il serait erroné de présenter le marché secondaire comme une innovation récente.
Le propriétaire d’une pièce conservée chez AuCOFFRE peut la proposer à la vente sur la plateforme. Cette organisation est différente d’un modèle classique dans lequel le client achète son or auprès d’un professionnel puis revient quelques années plus tard demander à ce même professionnel à quel prix il accepte de le lui reprendre.
Chez AuCOFFRE, une partie du marché secondaire est organisée directement à l’intérieur de l’écosystème.
Cette facilité ne supprime évidemment pas toute contrainte.
Une pièce proposée à un prix trop élevé peut ne pas trouver immédiatement preneur. La liquidité dépend donc du produit concerné, de sa prime et des conditions de marché.
Il faut également intégrer la commission actuelle de 3 % appliquée lors de la vente.
Notre appréciation est donc assez nuancée : le mécanisme de revente est l’un des points forts d’AuCOFFRE, mais son coût mérite d’être intégré dès l’achat.

Ce qu’AuCOFFRE fait mieux aujourd’hui… et ce qui nous convainc moins

Dix ans après notre premier test, plusieurs points se sont clairement renforcés.
La plateforme dispose d’un historique plus long, d’un nombre d’utilisateurs beaucoup plus important et d’une infrastructure de contrôle plus documentée.
L’achat de petites quantités reste accessible, les fractions et les achats réguliers ont développé cette possibilité, et le marché secondaire reste une vraie originalité.
Nous apprécions également la logique des frais de stockage calculés au poids. Elle permet de connaître assez facilement le coût de conservation sans dépendre directement de l’évolution du cours de l’or.
Tout n’est cependant pas parfait.
La grille tarifaire nécessite d’être examinée dans son ensemble. À la commission d’achat peuvent s’ajouter stockage et certaines prestations particulières, tandis que la commission de 3 % lors de la revente est sensiblement plus élevée que le coût d’entrée.
Enfin, celui qui veut avant tout acheter quelques pièces ou lingots et les recevoir immédiatement chez lui n’est probablement pas le client pour lequel le concept AuCOFFRE apporte le plus de valeur.
L’intérêt de la plateforme apparaît surtout lorsque l’on utilise conjointement achat, conservation et marché secondaire.

AuCOFFRE ou Or.fr : deux conceptions différentes du stockage

Il existe un point sur lequel Or.fr (GoldBroker) conserve une philosophie sensiblement différente.
Chez Or.fr, le client peut choisir entre plusieurs juridictions internationales de stockage et la relation avec le gardien repose sur une séparation plus marquée entre vendeur et dépositaire. La première commande destinée au stockage est également pensée pour des montants plus importants que chez AuCOFFRE.
Ce modèle intéressera particulièrement l’investisseur qui cherche à séparer au maximum le vendeur de l’or et la société chargée de sa conservation, ou qui souhaite répartir son patrimoine entre différentes juridictions.
AuCOFFRE privilégie davantage une expérience intégrée : achat, garde et marché secondaire sont réunis dans le même écosystème.
Il ne s’agit donc pas forcément de savoir lequel des deux est « meilleur ».
AuCOFFRE mise davantage sur l’accessibilité et l’intégration des services ; Or.fr pousse plus loin la séparation entre courtier, propriétaire et société de stockage.
C’est un choix d’architecture patrimoniale autant qu’une comparaison de tarifs.
Nous avons développé précisément cette question dans notre comparatif AuCOFFRE vs Or.fr, avec les différences de frais, de stockage et de profils d’investisseurs.

AuCOFFRE ou Godot & Fils : plateforme numérique ou réseau d’agences ?

La différence avec Godot & Fils se situe ailleurs.
AuCOFFRE est né avec Internet et reste fondamentalement organisé autour d’une plateforme numérique et de la conservation des métaux.
Godot & Fils s’inscrit au contraire dans une tradition de négoce physique remontant à 1933 et a développé un important réseau d’agences. Son offre comprend l’achat et la vente de métaux précieux mais également la numismatique, l’expertise et le rachat de bijoux.
Pour un investisseur qui veut simplement construire et gérer à distance un portefeuille d’or conservé professionnellement, AuCOFFRE présente une logique particulièrement cohérente.
Pour celui qui apprécie le contact en agence, possède des pièces anciennes dont il souhaite obtenir une expertise ou s’intéresse également à la numismatique, le modèle Godot & Fils apporte des services qu’une plateforme digitale n’a pas vocation à reproduire de la même manière.
Là encore, les deux acteurs répondent à des usages différents.
Notre comparatif Godot & Fils vs AuCOFFRE approfondit cette opposition entre réseau physique traditionnel et plateforme d’épargne en métaux précieux.

Notre avis sur AuCOFFRE : que vaut le courtier dix ans après ?

Lorsque nous avions testé AuCOFFRE en janvier 2016, nous avions conclu que le courtier constituait une solution intéressante pour acheter de petites quantités d’or tout en déléguant leur conservation à des professionnels.
Dix ans plus tard, nous ne remettons pas fondamentalement ce jugement en cause.
Au contraire, la longévité de l’entreprise apporte aujourd’hui un élément qui manquait nécessairement lors de notre premier test.
AuCOFFRE a changé d’échelle, étoffé ses services et renforcé ses procédures de contrôle. Le développement des fractions, des achats réguliers et de l’écosystème du groupe rend également la plateforme plus complète qu’en 2016.
Mais l’évolution la plus intéressante est peut-être justement celle qui n’a pas eu lieu.
AuCOFFRE n’est pas devenu une boutique d’or classique.
Le courtier continue de défendre le même principe : permettre à un particulier d’acheter de l’or physique, de le conserver dans une infrastructure sécurisée et de le revendre sans devoir récupérer préalablement ses pièces ou lingots.
C’est cette cohérence qui constitue à nos yeux son principal point fort.
Nous émettrons néanmoins deux réserves.
La première concerne les frais, qui doivent être examinés sur l’ensemble du cycle d’investissement. Une commission de seulement 0,5 % à l’achat est attractive, mais elle ne doit pas faire oublier les 3 % facturés lors de la revente et les frais de garde éventuels.
La seconde concerne le stockage. Les solutions proposées ne répondent pas toutes au même objectif et l’investisseur qui recherche une architecture très précise — juridiction étrangère déterminée, dépositaire totalement indépendant ou diversification géographique importante — devra comparer le modèle AuCOFFRE avec d’autres solutions spécialisées.
Pour l’investisseur qui recherche en revanche une plateforme française permettant d’acheter progressivement de l’or physique, de le faire conserver et de disposer d’un marché organisé pour le revendre, AuCOFFRE conserve en 2026 une proposition assez singulière.
Notre avis après dix ans : favorable, à condition de choisir AuCOFFRE pour ce qu’il est réellement — non pas seulement un vendeur d’or, mais un écosystème d’achat, de conservation et de revente de métaux précieux.

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